rapport IGAS

 

 Un tournant pour la profession ?

Un rapport qui ne dit pas son nom !

 

La Ffpp prend acte du rapport de l'IGAS et se positionne pour une ouverture à la discussion pour une réponse la plus adaptée possible aux besoins des usagers dans le respect de la profession.

 

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié le 7 février (mais rendu en octobre 2019), « Prise en charge coordonnée des troubles psychiques : état des lieux et conditions d’évolution »  vient d’être publié. Sous un titre généraliste son contenu vise de façon spécifique les psychologues et la question du remboursement par l’assurance maladie des consultations psychologiques.

Faire une analyse exhaustive de ce rapport (130 pages) mérite plus qu’un communiqué. Un article de fond y sera consacré dans

le prochain numéro de Fédérer. Pour autant, la profession est en attente des positions organisationnelles.

La Ffpp a toujours été claire dans sa défense du service public et de la nécessaire place des psychologues dans les institutions où un travail d’équipe, pluridisciplinaire, peut s’élaborer au rythme du patient dans un éclairage respectueux des approches de chacun. Pour autant, nous avons également pris en considération la demande des usagers d’avoir accès aux psychologues en libéral sur des territoires où l’absence du service public ainsi que la pénurie de psychiatres se font cruellement sentir.

La pénurie de psychiatres n’est pas de notre fait et nous la déplorons. Si les psychologues peuvent prendre part à une réponse aux usagers, comme nos compétences nous le permettent, nous souhaitons participer à la réflexion. Tout le monde n’habite pas Paris intra-muros (plus de 900 psychiatres en libéral vs 5 dans les Vosges, par exemple).

 

Ce rapport a le mérite d’exister même s’Il comporte un certain nombre d’erreurs ou d’appréciations factuelles discutables qui seront relevées dans le détail ultérieurement[1]. Il s’appuie également sur une analyse des positions actuelles des psychologues et de leurs organisations qui ne nous semblent pas refléter la situation actuelle. L’image alléguée d’une profession divisée, qui a longtemps servi d’argument pour ne pas avancer, ne la reflète pas davantage. Les organisations savent se fédérer sur les points fondamentaux tels que le rallongement des études, la réglementation de la déontologie et la pluralité des approches. A ce titre, les positions développées  par les enseignants-chercheurs en psychologie cités comme experts dans le rapport ne correspondent pas non plus aux valeurs défendues par les organisations professionnelles, qui comprennent elles-mêmes des enseignants-chercheurs, et qui cherchent à avancer ensemble dans le respect mutuel des champs théoriques de chacun, à l’exclusion d’aucun.

 

Les pistes ouvertes par ce rapport et les conditions proposées visent essentiellement :

- la formation qui devrait être précisée dans ses contenus et homogénéisée au niveau national ;

- la déontologie, le rapport posant comme nécessaires la réglementation du code et la mise en place d’une instance représentative pour en traiter.

 

Si certaines dispositions retenues ne peuvent obtenir notre adhésion (par exemple le passage par des DU comme dispositif de reconnaissance national de compétences), notre orientation vis-à-vis de la discussion ouverte par ce rapport ne nous semble pas conforme à l’image donnée des organisations professionnelles.

Il nous apparaît en effet plus opportun d’examiner dans quelle mesure les orientations proposées peuvent s’articuler aux dossiers que nous défendons :

- dans le cadre du projet inter-organisationnel d’allongement des études défendu au MESR (Fédérer, n° spécial 96, octobre 2019) ;

- dans le cadre du projet inter-organisationnel de réglementation de la déontologie (CERéDePsy)  (Fédérer, n°94, p.16, mars 2019) ;

- par la réflexion engagée sur les expérimentations en cours (Fédérer, n° 97, p. 14, éditorial, n° 97, février 2020) ;

- par l’analyse des évolutions de la réglementation en cours (Fédérer, n°97, p.26-30, février 2020).

Les évolutions possibles sont également à notre sens conditionnées par l’engagement respectif soutenu et articulé des deux ministères concernés, la Santé et l’Enseignement supérieur, la recherche et l’innovation.

Il nous apparaît important, pour se positionner, d’effectuer une lecture attentive de l’ensemble du rapport qui ne peut se résumer en quelques phrases laconiques. Nous l’avons faite, nous travaillons à une analyse plus fouillée, nous vous invitons à le lire.

 

Gladys Mondière et Benoît Schneider
Coprésidents FFPP

 

[1] Entre autres exemples, la Ffpp est soit considérée comme un syndicat soit confondue avec la FF2P