La psychologie du jeu à Blackjack Ballroom

 Mise à jour 11/05/2020

Fiche n° 6 -  Recherche :
enquêtes en cours et questions d’organisation et d’éthique de la recherche

 

Le présent dossier vise à fournir une série d’informations relatives à des questions de recherche dans le contexte de la crise du COVID-19.
Il ne vise pas à une analyse du contenu des recherches en tant que tel, ce qui relèvera d’autres dossiers thématiques, par exemple, les bilans de la recherche concernant les prises en charge à distance.

 

Nous proposons ici 4 thématiques

  1. la mention ou le soutien à des recherches en cours
  2. des informations sur des appels à projets de recherche ou à communication
  3. les questions d’éthique de la recherche portant les situations d’urgence
  4. quelques informations portant sur des résultats de recherche : les données présentées sont parcellaires et indicatives

 

1. Recherches ou enquêtes en cours

■  L’EFPA, dans le cadre du « Project Group on eHealth » auquel la FFPP participe a décidé de lancer une enquête en ligne sur les pratiques actuelles des psychologues et d’autres professions de santé des consultations en ligne.

Cette enquête, toujours en cours, a été diffusée dans de nombreux pays européens.

La FFPP est contributive de cette démarche et nous vous invitons à répondre à ce questionnaire, si vous ne l'avez pas encore fait :  https://bit.ly/coronapsy

 Les répondants français sont les plus nombreux à l'heure actuelle : 468 réponses au 10 avril.

■ Recherche sur les effets psychologiques du confinement : L'Unité INSERM U1114 (responsable Anne Giersch) a mis en place une étude visant à évaluer les effets psychologiques du confinement. L'étude consiste à remplir des questionnaires trois fois, au début, à la fin, et un mois après la fin du confinement et par ailleurs d'écrire 10 lignes par jour pour décrire sa propre expérience de confinement.

 Vous pouvez écrire à l'adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour avoir plus de renseignements en particulier pour disposer des informations relatives à la confidentialité des données. Le comité d'éthique de l'Université de Strasbourg a donné son accord pour cette étude.

 

Étude menée sur les effets du confinement sur les activités et le bien-être des enfants à destination des parents, comprenant plusieurs questionnaires : sur les activités et les activités numériques, sur les comportements et émotions de l’enfant, sur le vécu de la situation et un questionnaire d’informations générales.

 https://enquetes.univ-lille.fr/index.php/952661?lang=fr

 

■ Centre Ressources de Réhabilitation Psychosociale (CH Le Vinatier-Inserm) : Impact du confinement sur la santé mentale :

Des premières tendances émergent, l’étude se poursuit

Un article du JDD paru le 5 avril a fait part sur les premiers résultats de l’enquête lancée par le centre ressource de réhabilitation psychosociale pour mesurer l’impact du confinement sur la santé mentale. Proposée depuis le 25 mars, cette étude en ligne cherche à mesurer à différentes périodes du confinement, le vécu de la population et ce qui lui permet de faire face aux contraintes qui lui sont imposées.

11.500 personnes environ* ont déjà participé à l’étude. Des premières tendances se dégagent pour ces deux premières semaines de confinement :

  • L’impact du confinement sur la santé mentale apparaît comme étant le plus fort chez les agriculteurs, les étudiants, et les personnes précaires et en invalidité ;
  • Les addictions semblent être en augmentation, avec une augmentation de la consommation d’écrans, de tabac et d’anxiolytiques en premier lieu ;
  • Pour mieux vivre le confinement, les personnes s’accrochent à plusieurs éléments : l’idée que celui-ci à des répercussions positives sur l’environnement, la croyance en une issue favorable à la sortie de crise, et les relations et soutien avec l’entourage.

Il est possible de participer à l’étude à plusieurs reprises pendant toute la durée du confinement, une fois par semaine.

22000 personnes ont participé à l’étude durant la deuxième semaine de confinement dont environ 11500 Français ayant rempli le questionnaire jusqu’au bout.

https://centre-ressource-rehabilitation.org/impact-du-confinement-sur-la-sante-mentale-des-premieres-tendances-emergent-l?debut_articles_rubrique=%40288

enquête : https://sondage.inserm.fr/index.php/461237/lang-fr?fbclid=IwAR0i3gFDmpYYp1JD8Bcd-YgIzPfYq7_R20howLCNBb_6pCIMIiOXtSoOpDE

 

Centre d’Investigation Clinique du CHRU de Lille en collaboration avec le laboratoire PSITEC de l’Université de Lille.

Questionnaire anonyme d’une durée maximum de 15 minutes.

https://enquetes.univ-lille.fr/index.php/261524?newtest=Y&lang=fr

 

Equipe EVACLIPSY  (EVAluation CLInique des PSYchothérapies et de la psychopathologie) - Laboratoire CLIPSYD (EA 4430) Université Paris-Nanterre La Défense (Dr Prof. Lucia Romo, responsable d'unité fonctionnelle à l'Hôpital Ste Anne de Paris),

Enquête « Et après le confinement »

https://parisouestpsy.eu.qualtrics.com/jfe/form/SV_6RscduX8U2sjLy5

 

Les effets du télétravail en situation de crise, surtout au regard de son caractère imposé. Il s’agit de mieux comprendre les articulations entre l'espace personnel, les exigences professionnelles, l'activité physique, les liens avec les collègues, supérieurs et le bien-être et la performance professionnels.

Laboratoire de Psychologie Sociale, Aix-Marseille Université

Dr. Galina Iakimova & Dr. Damien Vistoli

Laboratoire LAPCOS, Université Côte d’Azur

COVID-19 : Télétravail et santé mentale*

 

Enquêter les répercussions de la pandémie COVID-19 et du confinement
La crise sans précédent à l’échelle humaine que nous traversons nous affecte ainsi que nos proches. Les recommandations de confinement et de distanciation sociale perturbent notre quotidien, et beaucoup s’inquiètent des conséquences collatérales. L’ensemble de la population est touché. Il nous semble, par conséquent, indispensable de mesurer l’impact psychologique et les répercussions du virus et des restrictions sur les personnes afin d’en prévenir les conséquences et développer des outils d’aide adaptés.
Un collectif interdisciplinaire de chercheurs des Universités de Toulouse propose une étude sur le vécu de la pandémie du COVID 19 et du confinement associé (en savoir plus sur le programme EPIDEMIC).
L’enquête diffusée ici concerne les répercussions émotionnelles, sociales, comportementales du COVID 19 sur les individus dans le temps, portée par le Centre d’Études et de Recherches en Psychopathologie et Psychologie de la Santé (CERPPS) de l’Université de Toulouse Jean Jaurès.
Si vous êtes âgés de plus de 18 ans, et si vous logez actuellement en France, nous vous proposons de participer à une étude en ligne, en trois volets : dès maintenant ; puis, à la fin du confinement ; enfin, 3 mois après la fin de celui-ci. Cela prend 30 minutes pour remplir ce premier questionnaire.
Pour participer à l’étude : https://enquetes.univ-tlse2.fr/index.php/875689
Cette étude est portée scientifiquement par Florence Sordes (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) et associe Aurélie Croiset, Psychologue et Membre associé du CERPPS (EA 7411) ; Enzo Cipriani et Cassandra Guillemot, Etudiants en Master Psychologie de la santé.

 

Enquête sur le post confinement équipe EVACLIPSY  (EVAluation CLInique des PSYchothérapies et de la psychopathologie) du labo CLIPSYD (EA 4430) Université Paris-Nanterre La Défense Dr  Prof. Lucia Romo,

L'enquête porte sur les représentations que se font les personnes sur ce qui changera ou non pour elles après le confinement.

https://parisouestpsy.eu.qualtrics.com/jfe/form/SV_6RscduX8U2sjLy5

 

Vivre le confinement : Enquête du 2LPN (Université de Lorraine, Dr Pr J.Dinet

https://form.dragnsurvey.com/survey/r/694ba46f

 

■ Votre vécu du confinement : Questionnaire mis en ligne par le Centre Pierre Janet de l'Université de Lorraine.

 http://enquetes.univ-lorraine.fr/index.php/696966?lang=fr

 

 ■ Confinement et vécu des familles ayant un enfant de moins de 6 ans

Le Groupement d’Intérêt Scientifique BECO-UFTMiP « Bébé, petite Enfance en COntextes » (UMR LISST, CERTOP et EQUITY, EA LASSP, LERASS et CRESCO), en partenariat avec le Laboratoire des Idées, le Labex SMS, l’Hôpital des enfants-CHU Toulouse, l’Association Occitadys et le Conseil Départemental de la Haute-Garonne, a lancé un questionnaire en ligne, jusqu'au 11 mai 2020, sur le lien suivant :

https://pinel-jacquemin.wixsite.com/covjenfant

Vécu des familles ayant au moins un enfant de moins de 6 ans durant le confinement sur le territoire français (métropole ou DOM)

 

2. Appel à projet ou à communication

 

Appel à articles pour la revue Recherches & Éducations : « Que nous apprend  la pandémie ? »

 Numéro HS Recherches & Educations (Juillet 2020)

(HCERES 70eme section)

https://journals.openedition.org/rechercheseducations/

Coord. Bernard Andrieu (URP 3625 I3SP Université de Paris) & Jacqueline Descarpentries (EA 3971 Experice, Université Paris 8)

Texte à adresser (avant le 30 mai 2020) en 30.000 signes à :

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■ Étude sur la perception du télétravail en période de confinement  Étude lancée par l’école de management de Grenoble et l’IRBA (et validée par le comité d’éthique local de Grenoble)
   http://grenoble.co1.qualtrics.com/jfe/form/SV_5dRX8RsOg66dt9b  

 

 Special Issue Call for Papers  International Journal of Psychology  (IJP is the official journal of IUPsyS the global umbrella organization for psychology) 
   [abstract for your proposed submission by May 1, 2020] :
  Psychological implications of the 2020 Coronavirus/COVID-19 Pandemic around the world

 

■ CALL FOR PAPERS: COVID-19 PANDEMIC Technology, Mind, and Behavior is seeking submissions for a Special Issue titled, “Technology-Mediated Interactions and Their Impact on the Human Mind and Behavior in a Time of Social Distancing.”
https://tmb.apaopen.org/call-for-papers?utm_campaign=apa_publishing&utm_medium=direct_social_media&utm_source=businessdevelopment&utm_content=tmb_editorial_tmb_mcnamara_04272020&utm_term=text_bottom_learnmore

Deadline for Submission of Pre-Registered Studies : June 1, 2020

 

Dans le cadre de sa stratégie scientifique, et dans un contexte de pandémie COVID-19 évolutif, la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer s’engage pour soutenir les recherches susceptibles d’accroître les connaissances sur les liens entre cancer et COVID-19.

La Fondation ARC s’intéressera également aux projets portant sur les interactions entre pandémie et cancer en soutenant les initiatives dans le domaine des sciences humaines ou sociales.

Lien vers l'appel https://www.fondation-arc.org/aap-flash-covid19   Attention délai de réponse très court : avant le 13 mai



Courrier de Madame la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, relatif à l'installation du Comité d’Analyse Recherche Expertise (CARE) COVID-19.

Ce comité a notamment pour objectif de recenser toutes les propositions qui peuvent à court terme améliorer la situation et aider à sortir de la crise sanitaire que traverse notre pays, et de permettre le déploiement des propositions les plus pertinentes.
L’objectif n’est pas de proposer des projets de recherche à moyen ou long terme, mais plutôt des idées, des actions, des innovations dans tous les domaines, pouvant avoir un impact rapide sur la situation et que les proposants sont en capacité de mener, au moins dans une première phase, avec les moyens dont ils disposent.
Les propositions peuvent être soumises via ce lien :
https://fr.surveymonkey.com/r/CARE-Covid19 

 

3. Les recommandations éthiques en matière de recherche, spécifiques aux situations de crise

  IASC ethical recommendations :

Directives internationales sur la recherche en santé mentale et soutien psychosocial (SMPS) en situation d'urgence

https://interagencystandingcommittee.org/mental-health-and-psychosocial-support-emergency-settings/documents-public/iasc-recommendations

 

"Oxfam systematic review evidence brief"

Eléments d'une intervention SMPS efficace dans les pays à revenus bas et modérés (centré plutôt sur la santé mentale, et donc le traitement des troubles mentaux, que sur les interventions psychosociales auprès de publics plus larges)

voir la publication

 

4. Quelques résultats de recherches

Catherine Tourette-Turgis, professeur à la Sorbonne, chercheuse, directrice et fondatrice de l’Université des Patients a proposé une synthèse en français des recommandations d’experts, basées sur l’enquête sur la détresse psychologique liée au Covid-19 en Chine (publiée dans la revue spécialisée General Psychiatry ainsi que la revue de littérature publiée par le Lancet sur l’impact psychologique de la quarantaine et les moyens de l’atténuer.

L’article de C. Tourette-Turgis a été cité et relayé sur de nombreux réseaux de psychologues.

https://theconversation-com.cdn.ampproject.org/c/s/theconversation.com/amp/covid-19-point-par-point-des-recommandations-dexperts-pour-reduire-les-effets-psychologiques-negatifs-lies-au-confinement-133811

 

■ Synthèse d’une recherche sur les interventions en soutien psychosocial en situation de crise

Traduction de la partie contexte de l’appel à contribution publié en juin 21019 par USAID dans le cadre de leur projet HEARD.

https://www.heardproject.org/wp-content/uploads/HEARD-RFQ-MHPSS-Intervention-Effectiveness_06.20.2019_Modified.pdf

« Le groupe de référence du Comité Permanent Inter-organisations (IASC RG en anglais), est un organisme composé de plus de 30 membres, incluant les Nations Unies et Agences Internationales, des professeurs et des organisations non gouvernementales dont la tâche est d’établir des directives et de promouvoir les bonnes pratiques en santé mentale et soutien psychosocial (SMSPS). En 2017, le IASC RG a publié un cadre commun pour l'évaluation des besoins, la recherche, la conception, la mise en oeuvre et le suivi et l'évaluation de programmes relatifs à la santé mentale et au soutien psychosocial dans les situations d'urgence. Y figure la pyramide d’intervention pour la SMSPS – voir Figure 1

 

 

Tandis que les interventions en santé mentale ont été plus rigoureusement étudiées, les interventions en soutien psychosocial sont plus fréquemment mises en oeuvre (Tol, 2011). Ceci révèle un vide particulier dans la recherche – en effet, alors que les preuves scientifiques pour les interventions SMSPS qui visent les étages supérieurs de la pyramide augmentent, on observe un manqué consequent de recherché concernant les niveaux inférieurs de la pyramide, qui visent à renforcer le soutien basé sur la communauté et sur la famille, ainsi que d’intervenir sur les facteurs sociaux sous-jacents qui permettent l’accès aux services de base et à la sécurité. (…)

 

En 2018, Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health a publié une évaluation des programmes de soutien psychosocial (SPS), financée par USAID/OFDA, afin d’estimer ce qui est connu de l’efficacité des programmes de soutien psychosocial, et guider les recherches futures sur la mise en oeuvre et l’efficacité du soutien psychosocial en contexte humanitaire. A travers une série d’entretiens, réunions avec les parties prenantes, et une revue systématique des programmes de soutien psychosocial dans les pays à revenus faibles et moyens, les chercheurs ont mis en evidence le besoin de :

  • appliquer les principes de soutien psychosocial basé sur la communauté à l’évaluation des programmes
  • se concentrer sur des conceptualisations hybrids mise en oeuvre – efficacité pour intervenir sur la validité interne et externe, ainsi que la réplicabilité des études
  • encourager les bailleurs à financer et évaluer en priorité les programmes de soutien psychosocial en accord avec le cadre commun établi par le CPI (2017).

Les résultats des entretiens avec les parties prenantes ont révélé que les programmes de soutien psychosocial les plus fréquemment cités comme priorité de recherche étaient les programmes à base communautaire. En 2ème place figuraient les programmes de SMSPS intégrés aux autres secteurs, et particulièrement ceux du 1er niveau de la pyramide – seuls 8 articles des 217 sélectionnés pour la revue systématique étudiaient les interventions SMSPS à ce niveau, ciblant les services de base.(…)

Le manque de prevue scientifique sur la réplicabilité a été identifié comme un défi concernant l’ensemble des interventions de soutien psychosocial (les 54 essais contrôlés randomisés inclus dans la revue correspondent à 50 interventions différentes. Ceci démontre le besoin de tester des adaptations d’interventions existantes, plutôt que de developer de nouvelles interventions, ainsi que le besoin d’une approche hybride mise en oeuvre-efficacité dans l’agenda de la recherche. »

 

Publication associée : Lee C, Nguyen AJ, Haroz E, Tol W, Aules Y, Bolton P. (2019). Stakeholder engagement to prioritize psychosocial support programs for further research in humanitarian settings. Global Mental Health, 6, e23, 1-10. doi:10.1017/gmh.2019.19. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6796323/

 

 

 

Voilà ce qu’on peut en retenir :

 

Les recommandations à partir des données chinoises

L’enquête chinoise sur le degré de détresse psychologique, conduite auprès de la population générale dans 36 provinces, régions autonomes ou municipalités, a permis de collecter 52 730 réponses. Celle-ci ont été obtenues grâce à un autoquestionnaire à remplir en ligne, explorant avec des outils validés la fréquence de l’anxiété, de la dépression, des comportements d’évitement et des symptômes physiques au cours de la dernière semaine.

Les auteurs montrent pour 35 % des répondants (35,27 % d’hommes et 64,73 % de femmes) le résultat obtenu révèle un stress psychologique modéré, et pour 5,14 %, un stress sévère. L’analyse indique aussi que les femmes présentent un plus haut degré de détresse psychologique que les hommes. On apprend en outre que cette détresse touche davantage les individus âgés de 18 à 30 ans ou ceux de plus de 60 ans. Enfin, les travailleurs migrants constituent le groupe le plus exposé, alors que le score de détresse psychologique est, sans grande surprise, le plus élevé dans les épicentres de l’épidémie.

En conséquence, les auteurs de l’étude suggèrent les recommandations suivantes :

  • prêter une attention aux besoins spécifiques des groupes vulnérables comme les jeunes de 18 à 30 ans, les personnes âgées et les travailleurs migrants ;
  • mettre en place des services de soutien et d’accompagnement tels que ceux mis en place dans les situations de désastres majeurs ;
  • déployer des interventions ciblées pour réduire le stress psychologique et prévenir les problèmes de santé mentale ultérieurs.

 

Identifier les facteurs de stress pendant et après le confinement

Les éditeurs de la revue Lancet se sont quant à eux penchés sur l’impact psychologique du confinement et les mesures à mettre en œuvre pour en réduire les effets négatifs. La note de synthèse a été rédigée à partir de 3166 articles publiés et expertisés par des comités scientifiques. 24 études présentant une solidité scientifique ont été retenues. Elles concernent 10 pays et incluent pour l’essentiel les virus du SRAS (11), Ebola (5) et de la grippe A (H1N1) (3).

L’analyse documentée des résultats de ces études indique que la durée de confinement elle-même est un facteur de stress : une durée supérieure à 10 jours est prédictive de symptômes post-traumatiques, de comportements d’évitement et de colère. Les auteurs ont aussi identifié les facteurs de stress suivants durant la période de confinement :

  • les symptômes physiques : ils amplifient la peur de l’infection et l’inquiétude (y compris plusieurs mois après l’épisode) ;
  • la peur, pour les femmes enceintes, à la fois d’être infectées et de transmettre le virus à leur futur enfant ;
  • la peur, pour les mères ayant de jeunes enfants, d’être infectées ou de transmettre le virus ;
  • l’ennui, la frustration et le sentiment d’isolement causé par le confinement et par la réduction des contacts physiques et sociaux ;
  • les lacunes dans la distribution des biens de première nécessité ;
  • l’inadéquation de l’information transmise par les autorités de santé publique concernant les bonnes pratiques, et la confusion sur l’objectif du confinement ;
  • l’absence de clarté sur les niveaux de risque ;
  • l’absence de transparence sur la sévérité de la pandémie ;
  • l’absence de protocoles et de guides de conduite clairs.

Le stress ne s’arrête pas après la fin du confinement. En effet, ces études permettent également de lister un certain nombre de facteurs de stress qui continuent à faire leur œuvre une fois la situation revenue à la « normale » :

  • les conséquences économiques de la perte de revenus à l’origine d’une détresse socio-économique, qui sont cause de colère et d’anxiété pendant les mois qui suivent le confinement ;
  • la détresse socio-économique globale ;
  • la perte des relations commerciales ;
  • la fragilisation élevée des travailleurs indépendants ;
  • la précarisation encore plus importante des personnes les plus fragiles au niveau économique et travaillant dans les métiers ne pouvant s’effectuer par télétravail ;
  • les difficultés à reprendre le travail ;
  • la tension dans les couples liée aux types d’activités professionnelles plus ou moins à risque de chacun des partenaires ;
  • la stigmatisation à l’égard des personnes représentant un danger de propagation ou issues d’une région surexposée.

 

Les recommandations préconisées par les experts

Les 24 études résumées dans le Lancet permettent d’identifier un certain nombre de mesures à mettre place pour limiter les effets de ces divers facteurs de stress. Il s’agit notamment de créer des services de soutien afin de venir en aide aux personnes souffrant d’anxiété et de dépression.

Il faut aussi garder à l’esprit que la durée du confinement a un impact sur les facteurs de stress, et a un effet démoralisant. Durant le confinement, il est important de réduire l’ennui et le sentiment d’isolement social. Plusieurs solutions sont envisageables :

  • Mettre en place des numéros verts pour réduire l’isolement ;
  • Aider les familles éclatées à rester en contact ;
  • Mettre en place un numéro vert animé par des professionnels de santé pour répondre aux questions des personnes qui ont des symptômes qui les inquiètent et rassurer la population ;
  • Créer des groupes de soutien et d’échanges en ligne sur le vécu d’expérience du confinement ;
  • Promouvoir une communication plus centrée sur l’altruisme que sur l’obsession ;
  • Remercier, encourager les personnes qui sont en situation de confinement pour renforcer l’adhésion et l’observance des mesures de confinement tout en les informant sur les mesures de prévention.

Cette revue de littérature, menée au niveau mondial, suggère qu’il est essentiel de rendre le confinement le plus acceptable possible pour tous, en satisfaisant les besoins spécifiques des populations les plus en difficultés. En effet, si l’expérience du confinement est vécue comme négative, les conséquences affecteront non seulement les individus qui le subissent, mais aussi le système de santé qui l’organise et les politiques publiques qui le prescrivent.

Il ne s’agit pas uniquement de moyens financiers, comme l’illustre la littérature pédagogique produite par l’Organisation mondiale de la Santé, le CDC d’Atlanta et d’autres sources afin d’outiller les citoyens, les familles et les individus pour faire face au confinement. Parmi les exemples disponibles, penchons-nous sur les conseils pour gérer le stress des enfants lié au Covid-19.


■ Le travail des soignants en milieu hospitalier : une bibliographie commentée
https://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/465/files/2020/04/Bibliographie_CDFT_Hopitaux_2020.pdf

■  Note de synthèse proposée par Dana Castro

Note de synthèse recherche D. Castro 19 mars 2020

■ pré-Publication

Chevance A et al. Assurer les soins aux patients souffrant de troubles psychiques en France pendant l’épidémie à SARS-CoV-2 Soins Troubles psychiques pendant SARSCoV-2 L'Encéphale. Inpress, journal pre-proof Available online 2 April 2020

Global problems need social science (Nature, 2020)

 

■ Autres sources de référence

https://krisepsykologi.no/how-to-cope-with-quarantine-isolation/

https://www.weforum.org/agenda/2020/03/covid19-coronavirus-mental-health-expert-insights/

https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/prepare/managing-stress-anxiety.html

https://www.apa.org/news/apa/2020/03/psychologist-covid-19