Les Assises : et après ?

Les choix politiques sont faits

Passée la stupeur des annonces du Président à l’issue des Assises de la Santé mentale et de la Psychiatrie (Président qui, a priori, a entendu nos revendications puisqu’il y a fait allusion), le bureau fédéral de la FFPP souhaite faire un état des lieux des avancées des négociations jusqu’à cette date, des enjeux de ces annonces et de nos propositions

LES NÉGOCIATIONS :

Depuis la grande mobilisation du 10 juin, nous avons, réunion après réunion, tenté d’avancer sur plusieurs points importants, selon les annonces du Président.

  • L’accès direct,
  • La durée de consultation,
  • Les critères d’âge et de trouble,
  • Les profils de psychologues conventionnés.
  • Nous avons obtenu :

Le dispositif de conventionnement concernera :

  • Tout le monde (à partir de 3 ans),
  • Avec une durée de consultation qui relève de la seule compétence du psychologue,
  • Avec un élargissement des critères diagnostics :
    • Souffrance psychique et/ou inquiétude de la part des parents pour les enfants,
    • Troubles anxieux et dépressifs d’intensité légère à modérée et addictions pour les adultes,

Nous avons également avancé sur la question de la prescription puisqu’il nous a été demandé de travailler sur une modalité d’adressage. Le tarif était également en cours de négociation, avec une fourchette évoquée de 10 séances, dans les 40€ l’une, au lieu des 22 € annoncés initialement. Le dépassement d’honoraire n’était pas à l’ordre du jour.

LES ANNONCES :

Le Président a annoncé un forfait d’un « bilan » de 40 € puis 7 séances à 30 €, sans reste à charge pour le patient et prescrit par son médecin traitant. Le dispositif concernerait toute la population, sans précision des critères (le dossier de presse le précise toutefois). Il est également renouvelable. Le conventionnement se fera sur la base du volontariat (en fonction du besoin du professionnel de maintenir un niveau de vie décent à comprendre le Président).

APRÈS ? RESTENT DEUX POINTS MAJEURS

  • La prescription : le Président annonce « prescription », corrigé le lendemain par le Ministre de la Santé qui précise très clairement « adressage » et « indication »,
  • Le tarif de 30 € : ce tarif ne correspond toujours pas au réel de la pratique, sans reste à charge par le patient et qui comprend une part mutuelle.

TRAVERSONS-NOUS LA RUE POUR NÉGOCIER OU NON ?

Nous avons déjà pu avancer sur quelques points et nous ne transigerons pas sur les deux derniers.

Nous avons pris le parti, à la FFPP, de ne pas abandonner les psychologues ni notre idée d’un accompagnement de qualité pour tous, que ce soit en libéral ou en institution.

NOUS PROPOSONS :

  • Un accès direct aux psychologues et une co-construction du parcours de soins en dialogue avec le médecin et non prescrit par lui,

Il s’agit là de respecter l’identité, la place et les rôles de chacun. De plus, tous les citoyens n’ont pas un médecin traitant, leur accès sur l’ensemble du territoire devient de plus en plus compliqué. Il apparaît indispensable d’en tenir compte (pour information, 10% en 2019 – 5.4 millions de français).

  • Mobiliser les mutuelles,

Ayant eu l’assurance que le tarif ne serait pas (re)négociable puisqu’annoncé par le Président, nous souhaitons mobiliser les mutuelles, qui ont bien compris le juste coût de la qualification et de la compétence des psychologues, pour poursuivre le dialogue déjà engagé.

  • Remettre à l’ordre du jour la revalorisation salariale des psychologues en FPH.

Si les psychologues restent des professionnels qui gardent une certaine vocation pour la santé mentale et sont donc encore présents sur l’ensemble du territoire, il apparaît indispensable de les prendre en considération : avec les mesures du Ségur, ils vont gagner au début de leur carrière à l’hôpital, moins qu’un infirmier débutant et leur grille indiciaire n’a pas été revalorisée depuis plus de 30 ans.

BOYCOTT ?

Nous serons vigilants à ce que la question de l’adressage ne soit pas une prescription qui ne dit pas son nom et signifions aujourd’hui que nous n’entrerons pas dans ce dispositif et appellerons bien sûr à le boycotter s’il passe en l’état.

Les psychologues aiment leur métier, et ne souhaitent pas voir se profiler des thérapies low-cost, prises en charge par nos cotisations sociales, qui balayent au passage notre déontologie.

En revanche, nous souhaitons être présents dans les discussions plutôt que d’être en dehors, et regarder ce dispositif se décider sans nous, sans que nous n’ayons pu nous battre jusqu’au bout.

Merci de vous être mobilisés et de soutenir notre positionnement.

L’équipe du bureau fédéral de la FFPP.

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