La FFPP a pris connaissance de l’arrêté du 21.04.26 relatif au parcours coordonné renforcé «enfance protégée».
Notre dénomination et nos modalités d’intervention : une atteinte au cadre réglementaire de notre profession.
Le Titre professionnel de Psychologue est un titre unique (article 44 de la loi du 25 juillet 1985) : la dénomination « psychologue clinicien » n’a pas de valeur légale, et ne peut donc être utilisée dans un document règlementaire.
Une dérive préoccupante : la médicalisation de l’intervention psychologique
Le texte prévoit le conditionnement des interventions psychologiques à une préconisation voire à une prescription médicale. Cette orientation apparait une fois de plus en décalage avec le cadre d’exercice de notre profession, fondée sur une autonomie professionnelle reconnue. Plus on freine l’accès aux psychologues, plus on retarde l’accès au soin. La Fédération demande la suppression de toute notion de prescription médicale, et demande la reconnaissance explicite de l’autonomie professionnelle des psychologues.
Sur l’organisation des soins en protection de l’enfance
La FFPP reste pleinement mobilisée pour que la compétence du psychologue reste cohérente avec une logique institutionnelle, au sein d’une pluridisciplinarité nécessaire, dans une construction progressive et un suivi régulier du projet de soin. Or, la multiplication de dispositifs externalisés (PCO, PCR…), qui tendent à contourner et appauvrir les ressources existantes ainsi qu’à déléguer au secteur privé ou libéral des prises en charge relevant du droit commun, contribue paradoxalement à fragmenter les parcours au lieu de les coordonner.
Si l’expérience des PCO a permis de confirmer que les psychologues sont une réponse aux soins en santé mentale, elle a aussi soulevé beaucoup de limites, notamment sur la faiblesse des rémunérations qui ne permettent pas aux psychologues de s’impliquer en nombre suffisant.
Les difficultés d’une prise en charge libérale, financée à l’acte, sans prise en compte des temps de concertation et non adossée à une équipe, et la question de l’orientation lorsque le « forfait » est épuisé, sont autant de limites qui n’ont pas trouvé de solutions.
En outre ces dispositions restent insuffisamment articulées avec les réalités de terrain. Les services de protection de l’enfance disposent déjà de psychologues contribuant par leur expertise à l’évaluation et à l’accompagnement des enfants. Cependant, la faiblesse des moyens alloués ne leur permet pas de s’appuyer pleinement sur ces ressources in situ pour pouvoir proposer des accompagnements adaptés, au plus près de ces enfants.
Le recours aux dispositifs de droit commun, saturés, conduit à des renvois de responsabilité entre acteurs du champ sanitaire et du champ social, laissant une part significative d’enfants sans soins appropriés et fragilise la continuité des prises en charge.
La FFPP appelle les pouvoirs publics à ajuster ce dispositif afin de garantir une protection de l’enfance à la fois ambitieuse, rigoureuse et respectueuse des cadres professionnels, au bénéfice des enfants et des familles. Elle appelle également à renforcer les moyens des départements, acteurs principaux de la protection de l’enfance, pour que tous les enfants protégés puissent bénéficier d’une prise en charge à la mesure de leurs besoins.
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