Recommandations de la Haute Autorité de Santé sur les TSA – La déontologie comme boussole

La FFPP a pris connaissance des nouvelles recommandations de la Haute Autorité de santé relatives aux interventions et au parcours de vie des enfants et adolescents présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Dans la continuité de ses précédentes prises de position, la FFPP souhaite apporter une clarification essentielle sur la distinction entre pratiques et référentiels théoriques, et sur l’apport du code de déontologie des psychologues pour guider les conduites professionnelles.

Ne confondons pas approches théoriques et pratiques !

Le Code de déontologie des psychologues a pour principes structurants :

  • Respect de la dignité, de l’intégrité et de l’autonomie de la personne ;
  • Obligation de compétence et d’actualisation des connaissances ;
  • Interdiction d’imposer une méthode au mépris du consentement éclairé ;
  • Nécessité d’inscrire toute intervention dans un cadre explicite, transparent et argumenté.

Les techniques de contention ou d’isolement non justifiées, les interprétations culpabilisantes, la mise à l’écart des parents dans le projet d’accompagnement, mais aussi le “conditionnement intensif” des fonctions cognitives sont en fort décalage avec ces principes.

Une « bonne pratique » n’est donc pas celle qui s’inscrit dans le courant théorique en vigueur, mais celle qui a été choisie conjointement par le professionnel et par le patient, de manière libre, éclairée et qui répond à ses besoins. En ce sens, le respect de règles déontologiques visant notamment à protéger le public des mésusages de la psychologie, est un principe cardinal de l’exercice des psychologues.

La pluralité des approches n’est pas un problème – c’est une garantie

Réduire la psychologie à l’un de ses courants, ou disqualifier un ensemble d’approches en raison de leur filiation théorique, revient à méconnaître la réalité de la pratique clinique contemporaine, le choix des familles et la responsabilité des professionnels.

Le pluralisme n’est pas un relativisme : il suppose une responsabilité accrue des praticiens. Cette responsabilité trouve son cadre dans la déontologie professionnelle. La qualité des accompagnements ne se mesure pas à l’orthodoxie théorique, mais à la rigueur méthodologique, à l’évaluation continue des pratiques et au respect inconditionnel des personnes.

Dans le champ des TSA, la diversité des situations développementales, familiales et sociales invite à privilégier une approche ajustée, attentive à la complexité du sujet et à l’ensemble de ses dimensions, et reposant sur l’intervention coordonnée d’une équipe pluridisciplinaire, plutôt que sur l’application uniforme d’un protocole unique, quel qu’il soit. Les enfants et adolescents présentant un TSA, ainsi que leurs familles, ont besoin de cohérence, de lisibilité et de coopération entre professionnels. Ils ont également droit à une information claire et loyale sur les différentes modalités d’accompagnement, leurs objectifs, leurs limites et leurs conditions d’efficacité.

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